Conseil toiture et façade · Touraine
Toiture en ardoise et façade en tuffeau : comment entretenir une maison tourangelle ?
Publié le 6 min de lecture Par SDR Habitat

En bref
Une maison tourangelle associe souvent une toiture en ardoise naturelle, pentue et percée de lucarnes, et des murs ou encadrements en tuffeau, une pierre calcaire tendre. L'ardoise dure 70 à 100 ans si l'on surveille ses crochets, ses noues et son faîtage ; le tuffeau se rejointoie à la chaux, jamais au ciment. Un contrôle de toiture chaque automne, un démoussage tous les 5 à 10 ans avec hydrofuge et des gouttières propres suffisent à protéger l'ensemble. Dans le centre ancien de Tours, classé site patrimonial remarquable, les travaux visibles passent en général par une déclaration préalable et l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France.
Toit d’ardoise bleu-gris, pente raide, lucarnes à fronton, murs ou encadrements de fenêtres en pierre blanche : c’est la silhouette de la maison tourangelle, du Vieux-Tours à Amboise en passant par Montlouis-sur-Loire. Ces maisons vieillissent bien, à condition de connaître leurs points faibles. Voici ce que nous surveillons, sur le toit comme sur la façade, quand nous intervenons chez nos clients de Touraine.
Qu’est-ce qui fait la particularité d’une maison tourangelle ?
Deux matériaux, qui demandent chacun un entretien spécifique.
L’ardoise naturelle. C’est la couverture traditionnelle du Val de Loire. On la retrouve sur les maisons de bourg, les longères, les demeures de maître et la plupart des immeubles anciens du centre de Tours. Elle est posée sur des toits à forte pente, souvent percés de lucarnes, avec des noues, des arêtiers et des souches de cheminée qui multiplient les points singuliers. Bien posée, l’ardoise naturelle dure 70 à 100 ans à titre indicatif.
Le tuffeau. C’est une pierre calcaire tendre et claire, extraite dans la vallée de la Loire et utilisée depuis des siècles pour les façades, les encadrements de fenêtres, les corniches et les lucarnes. Facile à tailler, elle est aussi poreuse et sensible à l’eau : elle doit pouvoir sécher.
À cela s’ajoute un cadre réglementaire particulier. Le Val de Loire est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, et le centre ancien de Tours est classé en site patrimonial remarquable. Autrement dit, beaucoup de maisons de la région sont dans un secteur où l’aspect extérieur est encadré.
Quels sont les points faibles d’une toiture en ardoise ?
L’ardoise elle-même vieillit lentement. Ce sont les éléments qui la tiennent et qui l’entourent qui lâchent les premiers. Quand nous inspectons une toiture en ardoise autour de Tours, nous regardons en priorité :
- Les crochets et les clous. Une ardoise est accrochée ou clouée sur des liteaux. Quand un crochet rouille ou qu’un clou casse, l’ardoise glisse et laisse un trou dans la couverture. C’est la première cause d’ardoises au sol après un coup de vent.
- Les noues et les abergements de cheminée. Ces pièces de zinc canalisent beaucoup d’eau. Une noue percée ou un solin décollé fait entrer l’eau sans qu’on la voie de l’extérieur.
- Le faîtage et les arêtiers. Le vent s’y engouffre. Un faîtage dont le mortier ou les fixations fatiguent laisse passer la pluie poussée par le vent.
- Les lucarnes. Leurs jouées, leurs petites toitures et leurs raccords avec la couverture principale sont des zones complexes, souvent négligées.
- Les ardoises qui se délitent. Une ardoise en fin de vie se feuillette, blanchit et casse sous le pied. Si 10 à 20 % des ardoises sont dans cet état, le remplacement une par une n’a plus de sens.
- Les gouttières et chéneaux. Les feuilles des jardins arborés les bouchent chaque automne ; l’eau déborde alors contre la façade, ce qui est particulièrement mauvais pour le tuffeau.
Le détail de nos travaux sur ces éléments est sur notre page couverture et zinguerie.
Comment entretenir une façade en tuffeau ?
La règle d’or : le tuffeau se traite à la chaux, jamais au ciment. C’est une pierre qui respire. Un joint ou un enduit au ciment, plus dur et étanche, piège l’humidité dans la pierre ; celle-ci se dégrade alors autour du joint, se desquame et finit par s’effriter.
Les bons gestes :
- Rejointoyer au mortier de chaux quand les joints se creusent ou s’effritent, après avoir purgé les anciens joints dégradés, surtout s’ils sont au ciment.
- Nettoyer en douceur. Pas de haute pression sur le tuffeau : on privilégie un lavage à basse pression ou des méthodes adaptées aux pierres tendres.
- Traiter la cause de l’humidité. Une pierre qui noircit ou se délite sous une gouttière est presque toujours victime d’un débordement ou d’une descente fuyarde. Réparer la zinguerie passe avant la façade.
- Remplacer les pierres trop abîmées par des pierres de même nature plutôt que de les reboucher au mortier.
Notre page ravalement de façade détaille comment nous intervenons sur les façades anciennes.
Pourquoi toit et façade vont-ils ensemble ?
Parce que la plupart des dégradations de façade viennent d’en haut. Sur une maison tourangelle, nous constatons régulièrement :
| Désordre sur la toiture | Conséquence sur la façade |
|---|---|
| Gouttière bouchée ou percée | Coulures, pierre noircie, joints qui se creusent sous le débord |
| Descente d’eau fuyarde | Tuffeau gorgé d’eau, qui se délite en pied de mur ou le long de la descente |
| Corniche ou bandeau sans protection zinc | L’eau stagne sur la pierre et l’abîme en hiver |
| Solin de cheminée décollé | Infiltration le long de la souche, taches à l’intérieur |
C’est pourquoi nous conseillons de traiter la toiture et la zinguerie avant, ou en même temps que, la façade. L’échafaudage sert aux deux chantiers, et une façade restaurée ne se salit pas de nouveau à cause d’une gouttière oubliée.
Quel entretien adopter pour une maison tourangelle ?
Le rythme qui fonctionne chez nos clients de Tours, Saint-Cyr-sur-Loire ou Montbazon :
Chaque année, en septembre. Un contrôle de la toiture et un nettoyage des gouttières, chéneaux et noues, avant les pluies d’automne. Notre article vérifier sa toiture avant les tempêtes d’automne donne la checklist complète.
Tous les 5 à 10 ans. Un démoussage de la toiture avec traitement hydrofuge. Sans hydrofuge, la mousse revient en 2 à 3 ans, surtout avec les hivers humides de la Touraine. Voir notre page nettoyage et démoussage.
À chaque intervention. Le remplacement immédiat des ardoises glissées, des crochets rouillés et des solins fatigués. Ce sont de petites réparations tant qu’on les fait à temps.
Quand les joints se creusent. Un rejointoiement à la chaux des zones abîmées de la façade, avant que l’eau ne s’installe dans la pierre.
Travaux en secteur protégé : quelles démarches ?
Dans le centre ancien de Tours, classé site patrimonial remarquable, et aux abords de nombreux monuments du Val de Loire, les travaux visibles de l’extérieur sont encadrés. En pratique :
- une déclaration préalable en mairie est nécessaire dès que l’aspect change : matériau ou couleur de la couverture, création d’une fenêtre de toit, modification d’une façade ;
- l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France est fréquent, et il peut porter sur le type d’ardoise, le mode de pose, la forme des lucarnes ou la nature des joints de façade ;
- une réfection à l’identique reste souvent la solution la plus simple à faire accepter.
Nous fournissons les éléments techniques du dossier (matériaux, teintes, détails de pose) et respectons les prescriptions retenues. Si vous vous demandez s’il est temps de refaire la couverture, notre article quand faut-il refaire sa toiture vous aidera à y voir clair.
En résumé : une maison qui traverse les siècles, si on la regarde de près
Une toiture en ardoise et une façade en tuffeau sont faites pour durer très longtemps. Ce qui les abîme, ce n’est pas l’âge, c’est l’eau qui passe là où elle ne devrait pas : un crochet rouillé, une gouttière pleine de feuilles, un joint au ciment. Un contrôle chaque automne et des réparations faites à temps suffisent à les garder en bon état.
Nous intervenons sur les maisons tourangelles à Tours, Joué-lès-Tours, Saint-Avertin, La Riche, Fondettes, Montlouis-sur-Loire, Amboise et dans un rayon de 40 km. Pour un diagnostic gratuit de votre toiture ou de votre façade, appelez le 06 16 41 21 24 ou découvrez notre activité de couvreur à Tours.
Rédigé par SDR Habitat
Couvreur à Joué-lès-Tours, 15 ans d'expérience dans le bâtiment. Intervention sur Tours et 40 km alentour, urgences 7j/7. Devis gratuit, assurance décennale.
FAQ
Questions fréquentes
Toiture en ardoise et façade en tuffeau : comment entretenir une maison tourangelle ?
Combien de temps dure une toiture en ardoise naturelle ?
À titre indicatif, 70 à 100 ans pour l'ardoise elle-même, ce qui en fait l'une des couvertures les plus durables. Ce sont en général les crochets, les clous, les noues et le faîtage qui lâchent avant elle : un contrôle régulier permet de les remplacer à temps.
Peut-on rejointoyer du tuffeau au ciment ?
Non. Le tuffeau est une pierre calcaire tendre et poreuse qui doit pouvoir respirer. Un joint ou un enduit ciment, plus dur et étanche, piège l'humidité et fait se dégrader la pierre autour. On rejointoie et on restaure le tuffeau au mortier de chaux.
Faut-il une autorisation pour refaire une toiture à Tours ?
Une réfection à l'identique hors secteur protégé ne demande en général pas d'autorisation ; changer de matériau, de couleur ou créer une ouverture nécessite une déclaration préalable ; dans le site patrimonial remarquable de Tours et aux abords des monuments historiques, renseignez-vous en mairie même pour une réfection à l'identique, l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France pouvant être requis. Nous fournissons les éléments techniques du dossier.
Faut-il démousser une toiture en ardoise ?
Oui, quand les mousses et lichens s'installent, surtout sur les faces nord et sous les arbres. L'ardoise se nettoie à basse pression ou à la brosse, puis on applique un traitement anti-mousse et un hydrofuge adapté. Avec un hydrofuge, un nettoyage tous les 5 à 10 ans suffit.
Tuile ou ardoise : quelle couverture pour une maison en Touraine ?
L'ardoise naturelle est la couverture traditionnelle en Touraine et dans le Val de Loire, souvent imposée en secteur protégé. La tuile plate ou mécanique se rencontre sur des maisons plus récentes ou dans certains lotissements. Le choix dépend de l'architecture, de la pente du toit et des règles d'urbanisme de votre commune.



